Le 17 avril 2005 / Le 21 avril 2005 /

 

Cherche le futur!
Les Casses-pieds au studio EMI
Les Casses-pieds dans le mêtro

N0UVELLE TRISTE ET HIVERNAL

Cette nuit là, les buts marqu
s au baby-foot n'arrivaient pas à me calmer. Malgré la neige, le froid et ma nature frileuse j'ai quitté le bar, pris ma chiotte et le chemin de l'appart à la grosse Corinne.
Sur le trajet,  je me suis pris trois gamelles (la neige, ça glisse) ma 103 y a laissé son phare et le parallélisme de sa fourche. Demain, j'irais emprunter le coupe boulon à Riton.
La grosse habitait un de ces vieux immeuble du centre ville, pas d'ascenseur et chiotte sur le palier. Depuis la dernière perquise, la porte ne fermait plus à clé, alors je suis entré sans frapper. A part elle il n'y avait personne sur son matelas, pour une fois j'avais de la chance. J'ai poussé la table contre la porte, histoire d'être tranquille.
Je me suis débarrassé de mes baskets rouges, de mon 501 usé mais correctement rapiécé et de mon faux perfecto. Mais j'ai gardé mon pull; il n'y avait pas de chauffage.
Je me suis glissé dans ses draps mauves sales et dans son duvet cramé à la cigarette.
Je l'ai d'abord embrassé sur la jambe gauche, j'aime bien les jambes gauches, s'est plein de promesses, si si, puis, entre ses cuisses, pulpeuses, ici, l'on est presque à l'abri du monde. Pendant que je lui mordillais sa hanche, ma main s'est glissée sous son pull. Elle s'est mise à hurler.
" Ca va pas connard? T'as les mains glacées! "
Il n'y avait pas de chauffage dans l'appart de la grosse Corinne.

Corinne baisait facilement, mais elle ne faisait jamais l'amour. C'était juste une fille à tirer. Fallait pas rêver; il faisait froid, j'avais une sale dégaine, et la grosse Corinne. Je l'ai tringlée rapidement, avec haine, mépris et pull-over. Avant de m'endormir j'ai remis mon 501 et mon cuir, parce que c'est vrai  qu'ça caillait dans son appart pourri.
Vers midi on a frappé à la porte. ça ma réveillé. Il faisait toujours aussi froid, elle dormait, n'entendait rien, je l'ai imité. Puis le keum a appelé.
" Hé Corinne, ouvre  "
C'était la voix de p'tit souk. Je me suis souvenu que nous étions le 12, qu'il devait avoir touché les assédics et qu'hier au soir je l'avais vu discuter avec Cendar le défoncé. J'ai viré la table, la porte s'est ouverte.
- k'es tu fous là Meuss ?
- et toi ?

On s'ait sniffé une ligne et fumé quelque pékausses sans réveiller la grosse.
Vers 14 heures j'en avais marre de cette piaule glacée.
- Hé souk, ça te dit d'aller s'boire un truc à la tour de Nels ?
- pars devant j'te rejoins dans une heure.
- Tu vas avoir du mal à la réveiller.
- T'en fais pas pour moi.
Dehors y'avait toujours cette putain de neige et ma chiotte tordue.
J'ai roulé doucement vers la " tour de Nels " en me demandent combien pouvait coûter un bon vieux radiateur à gaz d'occasion...!

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Les French Lovers au New Moon
G,g,
Ritié dans le mêtro

 

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Making of 1990/1991
FILM  D ' AMERIQUE

Quand j'étais petit j'attendais embusqué derrière un pommier avec un colt sur la cuisse (ça dégaine plus vite que sur la hanche) et une winchester à amorces que Pat Garet et sa bande de coyotes ne surgissent du fond du jardin entre le cerisier et le garage à vélos.
Aujourd'hui, avec ma machine à écrire de 1903, c'est la même chose. Je joue à l'écrivain de polar américain des années 30. Je me fais le même cinéma. J'installe mon Underwood sur mon bureau et  choisi la chaise de saloon. Après je construis le décor et l'ambiance : quelques bières et un bon cendrier, des clopes, une lampe de bureau, du shit et de quoi faire quelques lignes. Tout ça dans la pièce la plus petite et la plus encombrée ; ça fait presque vrai, et je joue le rôle pas trop mal.
Putain, faut me voir pieds sur le bureau chaise en équilibre. En attendant que la ligne monte, je cherche l'inspiration en envoyant au plafond la fumée du joint que je tiens dans la main droite et en sirotant une bière de la main gauche.
Puis j'ai une idée, je pose la bière, je tire sur le joint avant  de le déposer dans le cendrier et je tape la première phrase. Je la relie de très près et je frappe la suivante. Bon ! Je relie le tout et je reprends la pause de recherche d'inspiration pour trouver la suite. Et la ligne monte, une idée me traverse la tête, je pose la bière le shit et je me met à taper avec frénésie, j'aligne des lignes et des lignes. Des lignes de n'importe quoi n'importe comment. Des trucs que je ne comprends plus le lendemain. Mais je me suis bien amusé, j'n'ai pas trop perdu mon temps.
JP

 

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Miguel, le batteur de Dirty

Suite Et fin
MY LAST ROCK ' N ROLL  

Quand j'étais p'tit morpion, moi aussi je disais quand je serai grand, et j'y croyais. Tous les autres mômes voulaient être John Wayne, moi  Billy The Kid ou Sitting Bull.  Eux, en grandissant pilote de chasse, flic justicier. Moi, Bonnot, Dillinger et dans les grands jours : Quand je serais grand, je rencontrerais  une jolie petite meuf, nous serons Bonnie Parker / Clyde Barrow.
Eux, leurs rêves se sont barres en crédits de bagnoles, télés, mômes etc. pendant que les keufs me faisaient ravaler les miens.
Retranché dans mon dernier bunker, assiégé par John Wayne et ses sbires, les T4 s'épuisent et Dillinger a de plus en plus de mal à maintenir mon envie de combat. Ils vont massacrer mes derniers souvenirs, mes dernières espérances. Demain, plus tard, quand je reprendrai souffle, je chercherai d'autres rêves.
Aujourd'hui, j'ai 33 ans, ça me plaît pas du tout d'être grand. Bonnie est partie avec un qui petit devait lire Hergé et se prendre pour tintin.
Moi, quand je serai petit, je serai JOE DALTON !

 

 

 

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Y'a vachetement beaucoup longtemps ; c'était un peu souvent comme ça !

NOTHING

C'est quelqu'un qui ne fait absolument rien et qui habite Paris 19.Il s'ennuie beaucoup et dort toute la journée, ses nuits? Il les passe seul en fumant du shit. Ce quelqu'un s'appelle Antoine. Mais personne ne l'appelle Antoine, en fait, personne ne l'appelle du tout. Donc, ce quelqu'un qui s'appelle Antoine, mais que personne n'appelle jamais, passe toutes ses nuits à s'ennuyer en fumant du shit.
Souvent il se dit que pour s'ennuyer autant, il y a forcement quelque chose qui lui a échappé. Alors pour éviter cela il accompagne ses joints  avec disques et livres. Mais souvent, il s'ennuie quand même un peu. Alors il allume un autre joint et rêve à d'autres vies. Des vies qu'il aurait aimées, s'il avait eu plus de si, plus de chance, et, surtout, plus de courage.
Antoine est debout depuis deux heures, il est 21H, trois joints, quatre cafés et une dizaine de clopes. Antoine, ce quelqu'un qui s'ennuie beaucoup et passe ses nuits à fumer en buvant du café se demande avec quelle musique il va bien pouvoir commencer sa journée nuit. En cherchant une K7, qu'il ne trouve pas, il tombe sur Mémoires sauvées du vent (So The Won't Blow It All Away) et décide de relire quelques pages. Après cette très bonne lecture, Antoine, cherche un vieux ticket de métro pour faire un filtre, il en trouve juste un encore bon. Après tout se dit Antoine (qui ne sort pratiquement jamais) c'est pas toujours bon de toujours rester enfermé en fumant du shit ! Je devrais aller voir un peu le monde, ou du moins une partie de la ville. Alors il prend son manteau, le ticket et descend dans le métro pour en faire un tour. L'hiver, le métro c'est bien ! Et le voilà assis coté vitre dans le sens de la marche se faisait son p'tit tour Stalingrad - Pte d'Italie/Pte d'Italie Stalingrad, histoire de prendre l'air et de voir le monde, sans jamais s'entendre appeler Antoine. Le métro vient de quitter Pte d'Italie et repart vers Stalingrad ou il descendra pour encore finir sa nuit en fumant des joints et se rêver des vies qu'il aimerait bien vivre. Là, maintenant, tout de suite, une ravissante dame japonaise vient s'asseoir face à notre héros Antoine.  
''ADONCQUE," instantanément, Antoine, même si personne ne l'appelle Antoine, commence a se rêver une histoire très douce et très tendre avec sa très jolie dame japonaise une histoire de toute une vie même !
Et cela a duré jusqu'à ce que la jolie dame japonaise quitte le wagon. Il reste encore dix stations avant Stalingrad, là ou habite notre héros, là ou il passe ses nuits à fumer en rêvant à des vies ou il ne s'ennuierait pas, et, ou il y a parfois une jolie dame japonaise. Pendant ces dix stations, il se dit qu'il aimerait beaucoup vivre avec la très jolie dame japonaise qui vient de le quitter. Le matin, avant quelle ne parte travailler, elle le réveillerait tendrement en lui apportant un café qu'elle lui aurait préparée avec beaucoup d'amour. Parce que lui, il ne se réveillerait jamais le premier. C'est seulement quand il passera la nuit fumer des joints qu'il pourra à son tour lui apporter le café. Même pas d'ailleurs,  s'il habitait avec sa très jolie dame japonaise, Antoine (le héros de l'histoire) ne passerait plus ses nuits à fumer des joints, juste un ou deux avant d'aller retrouver sa jolie dame japonaise. Et comme sa jolie dame se couche sûrement de très bonne heure, lui, il arrêterait de se lever à 7 heures du soir. Disons qu'il se lèverait vers dix heures du matin, un sacré changement, il arrêterait même de s'ennuyer. Se serait très agréable de vivre avec la très jolie dame japonaise de ce métro pense Antoine, en descendant a la station Stalingrad, pour aller finir sa nuit en fumant des joints qu'il va tous dédier à cette très jolie dame japonaise.
Maintenant il est 7 heures (du matin) et notre héros que personne n'appelle du tout  se lave les dents avant d'aller se coucher sans dame japonaise.
Antoine s'endort et rêve à une très belle, très douce et très agréable vie avec  sa très jolie dame japonaise. Cela lui plairait beaucoup de vivre avec cette fille: ce serait une vie qui ressemblerait à celle qu'il se rêve lorsqu'il passe ses nuits à fumer des joints
Filature privée à Babylone
                                                                                                                                                                       .
"D'accord je serais ton Gainsbourg et toi ma Jane.
Mais, dans quelques mois tu en auras marre de moi.  Marre de mes joints de ma ligne d'héro et de mes changements brusques d'humeur. Alors tu  partiras."
Et moi, à nouveau rempli d'amertumes et d'infinies désillusions je recommencerai à mourir lentement….
(pour autre nouvelle)

 

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Mon casque chez les curés
La clinique du docteur Schultz
Pas trop dans le coup le père Meuss ;
mais bon

 

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Une AMIE

 

Valérie, un pote et oim

SYLVIE (DE L'EPHEMERE USINE)

Putain c'est quoi son nom ? Je regardais chauffer l'eau du café et je n'arrivais pas à me souvenir de son prénom. Peut être qu'elle ne me l'avait pas dit.
La nuit dernière, j'étais à l'usine Ephémère, il y avait des concerts keupons alternatifs. Vers 3 heures j'étais bien allumé et mes potes avaient disparu. Je me suis mis dans un coin tranquille, une entrée d'immeuble, assis contre la porte vitrée avec un litre de bière brune à demi entamée et j'ai commencé à me préparer un petit stick. C'est à ce moment là qu'elle s'est pointée avec son Perf et ses Docs. Elle s'est pas vraiment assise, elle s'est plutôt laissée tomber. Elle a pris la bouteille en a descendu une bonne partie et dit : "hé ! J'peux en boire un peu ?'
- vas-y.
3 bonnes gorgées elle a rebu, en reposant le litre elle a remarqué qu'j' roulais un bout d'shit.
- putain c'est cool, j'peux méfu avec toi ?
- bien sur
Quand j'ai allumé le joint, elle était affalée sur moi. J'ai tiré quelques tafs, je lui ai passé le cône et bu de la Pelforth. Cela a duré un petit moment, le temps de fumer le truc, j'te passe le joint, tu passes la teillebou. Quand nous avons été complètement écroulés l'un contre l'autre, on s'est roulé des pelles énormes. En parfait accord, nous nous embrassions, caressions, mordions au moment et à l'endroit exact que l'autre aimait. Chacun de nous devinait les envies de l'autre. Tout était naturel et normal. Il était quatre heures du matin, nous étions presque en train de baiser sous un porche d'immeuble en plein Paris, mais, cette nuit tout était normal.
A force de se rouler sur le sol on a renversé la Pelforth. C'est le bruit du verre sur le ciment, puis le contact de la bière et de notre peau qui nous a sorti du truc. Nous nous somme précipités pour remettre la bouteille debout. A genoux, nos quatre mains sur le litre et 501 déboutonné, l'on s'est souri, puis, après un petit bécot très gentil on s'est rhabillés. Nous avons fumé un autre joint tendrement enlacé, échangeant des baisés de fumée. Elle et moi, on est parti ensemble, sans vraiment marcher droit. Nous avons déambulé dans les rues, comme deux pochards heureux parlant trop fort, se tenant par la main. J'étais bien trop pété pour voir que la vie souriait, je marchais sur des nuages bleus et cela avait l'air normal. Nous avons enfilé les rues comme ça, comme elles se présentaient. Enfin, nous évitions celles qui montaient et préférions les descendantes .Alors forcément, on s'est vite retrouvé au canal de l'Ourcq, puis à la rotonde de Stalingrad, où nous avons fumé un dernier joint. Et c'est tout naturellement que l'on s'est retrouvé chez moi, au 10 rue de Flandre.
Le lendemain elle dormait encore pendant que je préparais le café, fumais ma première clope en essayant de me rappeler son prénom. J'ai transporté les bols le sucre et la cafetière dans le salon, sur le bar, face à la fenêtre. J'ai regardé les employés de la sécu retourner à leur taf après la pause de midi. Ils me permettaient souvent d'émerger le sourire aux lèvres. A cet instant, ma vie m'a plu.
Elle est arrivée vers moi avec un tee- shirt blanc à mi-cuisses.
Ses jambes étaient vachement belles
- Tu veux du café ?
Elle a fait oui de la tête, puis a foncé sur les 33. S'est pas arrêtée sur Transformer, même chose pour le premier Velvet, de toute façon je l'avais beaucoup trop écouté ces temps ci. Après avoir hésité sur les Stooges elle s'est décidée pour l'album jaune des Pistols, après tout pourquoi pas. Je me suis donc allumé ma deuxième cigarette sur God save the queen. Nous avons bu le café, fumé des blondes écouté la zique sans parler. Tout cela me plaisait beaucoup. Quand mon café fut fini, je m'en suis resservi un autre, j'ai allumé une Ducados, j'ai relevé la tête, elle m'a sourit. Puis le disque s'est terminé. Jolie jambes est repartie à la platine. Sans mettre ses doigts sur les sillons l'a remis dans sa pochette. J'ai trouvé cela touchant. C'était un bon réveil. Marc Seberg a remplacé Roten. Elle est revenue en souriant pour finir son café près de moi, je voulais lui dire " et l'ange tu sais que tu es …" Mais, je n'étais pas assez réveillé pour trouver le dernier mot, c'était pas plus mal. Si elle avait répondu " très mettable " ça aurait abîmé le réveil. Quoi que ? Finalement j'ai rien dit et elle non plus. Nous avons continué à boire notre café, fumer nos cigarettes. Souvent je m'arrêtais pour lui sourire ou effleurer sa joue avec mes doigts couleur nicotine. Elle me souriait aussi, en rejetant de grandes bouffées de fumée. Le bout de shit était resté dans la chambre, elle est parti le chercher, putain ce que j'aime ses jambes. Très vachement jolies jambes préparaient le joint. Moi, j'écoutais la musique d'un air rêveur: " Marc n'est plus le même, il n'est plus aussi blême, si seulement Sylvie, restait dans sa vie. "
Par la suite j'ai peu voir tous les points que nous avions en commun.
Comme moi, elle ne pouvait résister à une jupe trop courte un genoux rond ou un sourire engageant.
Elle est partie avec une de mes amies….!

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Le 17 avril 2005 / Le 21 avril 2005

 

REACTION
root_66 le 19/04/05 09:39


Bon ça commence juste....
....apparemment, donc il faudra attendre de voir ce que ça donnera sur la durée.

Il y a toutefois deux choses qui me font tiquer, au fil de tes interventions ici on se fait de toi l'idée de quelqu'un engagé politiquement plutôt très à gauche, tendance libertaire...pour moi c'est censé aller de pair avec des valeurs humanistes...et au fond quand on lit la première histoire et ton comportement vis-à-vis de "la grosse Corinne" (sic), je n'y vois pas trop de différence avec l'image que tu te fais probablement d'un grand patron du Medef..."je prends, j'exploite, je méprise".

L'autre truc, qui est commun à pas mal d'autres blogs du genre, ou à la prose de gens comme Eudeline, c'est cette lourde insistance sur le côté dope, un mélange de provoc facile ("tiens, si je parle d'héro, je vais choquer le bourgeois") et de frime voire d'exhibitionnisme, ou une volonté de se démarquer en se valorisant, comme un vieux bonhomme qui se sentirait obligé de balancer dans toute conversation des trucs du genre "moi j'ai fait l'Indochine", l'argument ultime...très souvent (trop souvent) dans ce genre de textes, si tu vires cet aspect-là, qui est je trouve un peu facile, il ne reste au fond plus grand chose.

Le milieu du rock, j'y ai baigné, j'y ai vu et vécu des trucs, et je t'avoue que le côté défonce n'exerce sur moi absolument aucune fascination.

J'imagine que si tu as posté ton lien ici, tu voulais des réaction, tu as eu la mienne (j'imagine qu'il y en aura des moins nuancées), ce n'est pas du rejet car je pense que je retournerai voir comment ça évolue.

Olivier

Ps : vive le peuple libre ps de meuss

Meuss et une amie

 

 

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Manu Casquette
Mumue et Joe ; c'est comme ça

 

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It's only r'r

 

LE PRIX DU STEAK FRITES

Le lendemain vers 13 H, écoeuré par la vie j'ai pris le métro pour aller travailler. Quand je l'ai croisée elle m'a souri ; c'est ça qui m'a réveillé. Je me suis retourné, elle s'est arrêtée. Je lui explique qu'elle m'a enlevé l'envie d'aller travailler, elle m'offre une Lucky. Je l'accompagne jusqu'à son boulot. Elle me dit qu'elle déjeune au Bataclan prés du métro Oberkampf, elle m'embrasse et me dit ''à tout a l'heur''.
Je rentre dans un troquet, coup de téléphone à Maurice, explications foireuses : perturbation des transports, plus de métro, en plus, j'suis malade, je ne peux pas venir travailler demain peut être. Je bois un demi, et j'écris une lettre à Rose- monde ou je lui dis :''Moi, je reste ici, à Paris, j'attends quelque chose qui ressemble au printemps''.

La lettre a finie dans une machine à laver, au fond d'une poche. Marie-tée, la fille au sourire, était superbe. J'aurais du manger encore deux au trois fois avec elle avant de……. A 80 francs le steak frites, c'était pas vraiment possible.
Finalement, cette après midi là, écœuré par le prix de steak frites, je suis allé travailler.

 

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GUITARISTE FATIGUE, CHERCHE BASSISTE TRES LENT


Quand je vivais ici, j'étais l'un de ceux que l'on trouve dans les bars du centre ville, avec tous les déjantés du coin. J'avais commis les deux ou trois conneries nécessaires pour être dans les pages faits divers du journal local ; Celles qui te placent dans la catégorie junkie fondu. Nous étions une demi-douzaine à avoir ce privilège. Les avantages étaient qu'il se trouvait toujours un apprenti zonard pour nous payer à boire, une meuf qui nous confondait avec un de ses héros loosers, des rigolos qui cherchaient des plans came. Et nous piochions dans tout. Il y avait tellement d'appart où nous étions les bienvenus que nous habitions toujours un peu partout. C'était toujours les vacances, toujours la fête. Quelle dégaine de oufs défoncés on avait.
C'est quand j'ai quitté cette ville que cela c'est gâté. A note arrivée gare d'Austerlitz, y'avait pas de soleil.
Ma copine supportait mal les apparts pourris qui n'avaient rien des palaces promis. Le soir, elle sortait seule et trop maquillée. Elle ne le trouvera jamais son prince, elle avait seulement arrêté de le chercher les premières semaines de notre rencontre. Un matin elle n'est pas rentrée.
Un autre matin vers dix sept heures j'ai pris le train et l'amende qui va avec. Mais dans le sens de la marche, contre la fenêtre.
Une heure trois quarts plus tard je sortais de la gare de Vierzon. Il fallait marquer l'événement, j'avais envie de me la raconter. Je l'ai joué polar noir et blanc. Je me suis immobilisé jambes légèrement écartées, et j'ai maté le ciel, y'avait un bout de soleil. Si j'avais eu un sac, j'l'aurais posé à mes pieds pour m'allumer une clope, j'avais juste une clef de consigne. Je me suis quand même allumé une cigarette. L'air était plus léger, l'on respirait mieux. Mon regard a balayé l'horizon, j'ai pris une bonne taffe, envoyé la fumée vers le ciel, ramassé la clef, et marché au milieu de la rue déserte.
J'ai choisi un bar ou je connaissais tout le monde, je suis entré, à part la patronne, je ne connaissais personne. En buvant une bière au comptoir j'ai demandé des nouvelles de mes pôtes. Beaucoup s'étaient mis à bosser, ils payaient leurs meufs, leur chez eux, leurs mômes. D'autres étaient en zon pour un paquet d'années. Il restait bien Cendrier, le plus irréductible de tous, mais il était resté trop longtemps à l'ombre, à sa sortie les nouveaux loulous l'avaient rangé dans la catégorie clodo-alcoolo.
J'ai pris un coup de vieux, un autre demi, une cigarette. La taulière est partie me tirer ma bière, un des nouveaux zonards joueurs de flip s'est assis à mes cotés.
- hé, t'aurais pas un peu de meka,
- Repasse dans une heure, j'attends un truc.
J'avais une heure pour trouver un plan, j'ai marché en fumant ma clope et j'ai pensé à Gatsby le magnifique…

Cercont

Meuss et les tontons

 

 

 

 

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Intermittents

Les French Lovers

 

 

TOUJOURS HUMOUR
Lettre pour Rose-Monde

Paris était faible contre nous, t'en souviens-tu ? Deux lettres de l'ange le même jour, un p'tit rayon de soleil et je veux bien croire que la vie ressemble à la collection Arlequin. Mais bon, ici il y a un micro amplificateur, un Lucky devient une cartouche, une lettre un livre de BRAUTIGAN, une bière une bouteille de tequila, T F 1, un film institutionnel a diffusion interne. Bon j'arrête de démontrer ce phénomène de micro amplificateur de sensations ;
Si tu pouvais, si tu avais le temps, ce serait bien que tu demandes un permis de visite, enfin, se serait bien pour moi. Etrangement, je pense à ce que serait ma vie après une rencontre avec une fée aux trois souhaits, celle qui a été changée en crapaud. Ou bien avec la lampe qui renferme le bon génie (les bons génies se trouvent également dans des vieilles amphores, qu'il faut ouvrir et non frotter) Il y a aussi la Dame du lac, mais avec elle, même si elle te file deux ou trois pouvoirs (que tu peux perdre à la moindre connerie) y'a toujours pleins de conditions, et des misions pas possibles comme retrouver le rasoir de Van Gogh et si tu t'écartes de cette quête, plein de maléfices s'abattent sur toi. Non, la meuf de lac c'est pas une bonne fée. Là, je m'égare, mais ta lettre m'a donnée de suite envie de t'écrire et je ne sais pas comment m'arranger entre ce que je dois, ce que j'ai envie et ce que je ne dois pas écrire. Alors forcément, j'allume une cigarette pour réfléchir et dans ma tête ça dit :'' fais gaffe, c'est à Rose monde que tu écris, fais pas de conneries, hein ! C'est vachement important, faut pas te planter, concentre toi bien.'' Ca se brouille tellement que je n'arrive à rien. J'écris puis je déchire. Je tourne en rond. Je suis tellement anxieux par peur, par trac mon esprit chope la moindre idée passante. ET voilà ! Cette lettre est remplie des absences que j'aurais voulu t'écrire.
Je voulais mettre des dommages, des moi non plus, des moi aussi, du bleu et du mauve, de la mélancolie avec un soupçon d'espoir, des souvenirs joyeux devenus triste, des sourires, des baisers, Des photos noires et blanches, un morceau de Lou Reed pour moi, un de Nico pour toi, un rire de bébé, un extrait des Enfants du paradis, un verre d'alcool, un rien d'amertume, un couscous à emporter, un képs bien viser, un doigt sur tes lèvres, un p'tit déjeuner, des cigarettes, quelque mots tendre, des peurs et des je t'aime pour te porter chance…

Fleury Mérogis. C'est biodégradable ?

 

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OTHELLO 1974 CONTRE UNDERWOOD 1903

Les années 90 commençaient. J'avais froid, cinq cent francs et envie d'une machine à écrire.
Dans une boutique de Ménilmontant un p'tit vieux me dit " j'ai ce qu'il vous faut, même si la frappe n'est pas très régulière ". C'était une superbe Underwood de 1903 à 400 F. Nettoyée, graissée et révisée. Quant à la frappe ? Je l'ai trouvée merveilleuse. Je suis allé le boire au Noctambule. C'est là où j'attends Othello. Othello, qui se déshabille sur un vieux morceau de Taxi Girl, dans une des cabanes du terre-plein de Pigalle…
Elle n'était pas seule. Pas avec une copine. Mais avec un vieux beau comme je ne les aime pas. Cette fois elle ne m'a pas souri. Cette fois elle n'est pas repartie avec moi.
M'en fout, dans le coffre de ma vielle 504 il y a une Underwood 1903 qui m'attend, et cette histoire va lui plaire.
J'ai glissé une feuille dans son tambour, j'ai tapé " UNDERWOOD 1903 ".
Sa musique était belle. Je l'ai aimée. J'ai rempli une page de UNDERWOOD quelques Othello s'y sont glissées. Avant de relire ma page je me suis préparé un café et une cigarette de dope.
Uderwood 1903, Underwood 1903, Underwood 1903, Othello, Underwood 1903, Underwood 1903 ….etc.…..etc.…Putain, y'avait pas à chier ; avec cette machine, mon écriture devenait plus épaisse, plus gluante, plus lourde à supporter !
J'avais une nuit à passer avec une machine de rêve, deux paquets de Ducados, des OCB et un mideux. J'ai mis une nouvelle feuille dans la machine de 1903, j'ai allumé une clope et décidé d'écrire une histoire méchante pour les jeunes filles. " Nouvelle triste et hivernale ".
Je n'étais pas sûr d'avoir écrit un truc bien, mais quel plaisir de taper sur cette machine et ses touches cerclées. Après cette triste nouvelle, je me suis préparé un p'tit joint pour la relire. J'avais à peine tiré 3 lates lorsque l'on a frappé à ma porte. C'était Othello…?. !. Je l'ai refermée derrière elle et je suis retourné à mon bureau. Othello s'est assise sur la grosse télé, celle qui sert de marche pour monter dans le lit. Je lui tournais le dos, j'étais devant l'Underwood de 1903 et je finissais mon joint. Je n'avais encore rien dit. Je n'avais rien à lui dire. Othello ne savait pas comment commencer. Elle a sorti un paquet de Lucky de son sac, a reposé le sac à ses pieds, sorti une clope, posé le paquet sur ses genoux, repris son sac, sorti un briquet, reposa le sac, alluma sa clope et garda le québri dans ses mains pour jouer avec. Mon silence la gêne..? Puis elle a commencé son énumération de reproches, presque timidement. Quand mon joint a été fini, je l'ai écrasé. Othello, elle m'en voulait, elle s'en voulait, elle était déçue ! Je me suis tourné vers elle. Je lui ai demandé une cigarette, je l'ai allumée et je l'ai écoutée parler. Cela lui a redonné confiance, ses reproches devenaient plus précis, plus méchant. Elle portait une jupe courte et noire comme ses cheveux. Sur ses genoux, ses doigts martyrisaient le paquet de Lucky à l'aide du briquet. Othello m'en voulait de ne pas être ce qu'elle avait rêvé ou imaginé, j'avais peut-être trop arrondi les angles, au début. Othello avait cru, espéré, encore un coup pour rien ! Qu'elle pensait. Je ne disais simplement rien. Alors elle est passée aux exemples plus que précis, le briquet avait laissé le paquet de Lucky tranquille. Sa cigarette arrivait à sa fin, une de ses mains se tenait sous la cendre. Je me suis levé, j'ai posé un cendrier sur ses genoux, j'ai effleuré ses bas et repris ma place. Dans l'Underwood il y avait la dernière page d'une nouvelle triste et hivernale. Je l'ai remplacée par une nouvelle feuille. Les lamentations d'Othello seront bientôt couvertes par la frappe de la machine de 1903.
- Qu'est ce que tu fabriques ? c'est quoi ce truc ? tu l'avais pas avant
- Ouais, c'est nouveau, c'est à moi, c'est une Underwood 1903.
- Tu veux faire quoi avec ça ?
- Là ? Je veux t'écrire une lettre l'ange.
J'ai allumé une Ducados et j'ai commencé à taper. Othello s'est appuyée sur mon dos, pour lire par dessus mon épaule. Seins contre omoplates.

Othello 1974 contre Underwood 1903.

Je me fous de toi p'tite conne, comme je me fous du reste du monde. Plus rien ne m'atteindra jamais. Je reste là, debout ou assis peu importe, je vous regardes vivre et j'en ris hypocritement seul. Mon je m'enfoutiste, ma nonchalance, mes rien à cirer, mes à quoi bon et mes bofs me protègent. Tu me trouves imbuvable, autant dire inconsommable. Tu peux partir, tu as trouvé mieux, plus grand, plus riche, et tout ça ailleurs et sans moi ! Et bien salut petite fille. Tu vois comme je reste indifférent ? Il y a quelques années j'aurais piqué une colère ou une déprime. Mais aujourd'hui, ce que tu essayes de me faire, ce n'est rien, un tout petit rien de merde un exemple de plus pour mes idées définitives sur les gens, sur la vie, les meufs, les commerçants, l'amour, les merdes et le reste. Mon indifférence, ça t'embête ? Tu es vexée, offensée. Mais cela ne me procure ni joie, ni peine, rien, seulement rien. Ecoutes. Si tu veux, je rentre dans une colère folle, j'irais même jusqu'à crier, réveiller tout l'immeuble, mais ne part que demain.

A huit heures moins le quart il faisait toujours nuit. En face de chez moi, le grand bâtiment de la sécu. A sa gauche une énorme grue. Au sommet, un puissant projecteur qui ne s'éteint jamais. Dans ma chambre, les murs vitrés de la sécu renvoyaient un peu de sa lumière. Dans cette pénombre l'on distingue les formes, les contours. L'Underwood est magnifique, je l'ai regardée avec amour. Othello dormait comme un enfant de son age. Sans la réveiller, j'ai embrassé son épaule découverte, et envoyé un sourire de complicité à ma machine de 1903 …
Othello est partie vers 14 heures et des poussières, plus en retard que jamais, comme d'habitude. Les cabanes du terre-plein de Pigalle ouvrent leurs portes à 14 heures précises.
Moi, je ne me suis pas levé. J'ai continué à dormir, l'écoutant chercher ses fringues dans la chambre, s'habiller dans la salle de bain, ouvrir ma porte d'entrée, fermer sa porte de sortie.
J'ai bu mon premier café et fumé ma première clope (une Lucky à Othello) vers 15 heures trente. Quand à l'Underwood 1903, elle avait toujours la lettre dans son tambour. Je l'ai relue. Dans le cendrier prés de machine se trouvait un énorme joint confectionné par Othello. Elle avait pris soin d'y inscrire : " Je t'aime mais ce n'est plus suffisant. "
Après avoir dépassé le " Je t'aime " j'ai tiré deux autres tafs en faisant l'inventaire de ce qu'elle m'avait laissé : 3 Lucky, un joint à la con et le bordel dans la salle de bains. Le joint s'est éteint, je l'ai rallumé, et j'ai tiré sur le " pas suffisant " …

UNDERWOOD 1903.

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MES TROIS CONNERIES BLEUES. MAIS CONNERIES QUAND MEME !


14H30 ! C'était évident, j'étais en retard. Pourtant sous le soleil de juillet je sirotais un milk-shake à la banane; Ce matin vers 14h en quittant mon appart pour le métro, j'ai décidé de me récompenser de l'effort au fast-food de Jaurès.
Par une journée comme celle ci, c'était sûrement une connerie noire d'aller justifier son absence de la veille à des cons dans un bureau à la con. Non ? Et qui peut rivaliser à la contemplation de l'insouciance des jeunes filles dans leurs tenues d'été. Ma troisième connerie fut donc de repousser au lendemain l'explication de mes absences. Justifier une journée ou deux c'est du pareil au même. Mais passer l'âpres midi a rêve n'avait rien à voir avec un aller retour en métro et une explication foireuse. Adonc que j'avais le sourire aux lèvres, l'esprit dégagé et la clope au bec.
La première connerie fut la plus douce de toutes, vers 10h30, après le p'tit dèje, je suis retourné me coucher en pensant à ceux qui baillaient devant la machine à café. La deuxième, le milk-shake, la plus légère, la troisième la plus savoureuse.
L'ennui avec les conneries bleues, c'est qu'elles engendrent souvent de sales conneries noires et reloues.

New New Moon au téléphone portable